Audiocentrale

Au service des audioprotesistes indépendants

Journées Techniques Monaco

logo_compagnonsAudiocentrale fédère ses adhérents, audioprothésistes indépendants, au sein de son association les Compagnons de l'Audition.

 

les Compagnons de l'Audition s’engagent avec une charte d’éthique, d’où ressortent 3 valeurs fondamentales : l’éthique, le respect et le service. Dans cette charte, il est rappelé que la profession d’audioprothésiste est une profession de santé, que l’audioprothésiste est de fait une profession de santé en tant que para médical.

Le Compagnon de l’audition a la ferme volonté d’établir un véritable partenariat avec ses partenaires médicaux, dans le cadre de la complémentarité des 2 professions. Le Compagnon de l’audition s’engage à créer et respecter un esprit d’équipe pour le seul bénéfice du patient.

Cette volonté du mieux être du patient tient compte des réalités du marché, car selon Michel WIPLIER, Président d’Audiocentrale, les médecins comprennent qu’il y a deux catégories d’audioprothésistes : les vendeurs d’appareils et les professionnels qui pratiquent la réhabilitation audio-prothétique.

Les Compagnons de l’audition ont organisé durant le weekend de la Toussaint leurs premières journées techniques ; elles ont rassemblé médecins ORL et Compagnons de l’audition.

Elles étaient présidées par le Professeur Lionel COLLET et le Docteur Michel EL BEZ, Président du club Alter AGO. Deux ateliers étaient proposés aux participants :

1.      Un atelier du son

2.      Un atelier sur l’odorat et la gustation

Voici les résumés des interventions :

1.   Atelier du son
  • Mikael MENARD Docteur instrumentation médicale (acoustique), Responsable d’application SIEMENS

De nos jours, notre environnement sonore s’enrichie de multiples sources. La téléphonie mobile et l’écoute de musiques compressées sont rendues possibles par les progrès du numérique. Cette révolution du numérique a également bénéficié aux patients malentendants par l’intermédiaire d’un traitement optimisé, aidant le patient à mieux entendre et mieux comprendre dans des environnements difficiles ou le traitement analogique parvenait à ses limites.

Ces traitements sonores à priori opposés entre une aide auditive et des systèmes de compression (type MP3) trouvent pourtant une analogie évidente dans l’approche qu’elles ont du son. En effet, toutes deux jouent avec les limites de la perception auditive. Pour l’aide auditive ces limites sont celles d’un patient malentendant alors que pour les systèmes de compression, ce sont les limites de la perception auditive humaine qui sont utilisées. Dans un cas on cherche à enrichir le signal et mettre en avant les indices sonores afin d’améliorer la compréhension alors que pour l’autre, dans un but de stockage et de transfert, on appauvrit le signal en éliminant les informations qui ne seront pas perçues. Autant pour l’aide auditive, le bénéfice est évident autant pour la compression, on peut se poser la question quant aux effets de cet appauvrissement. Aujourd’hui aucune étude scientifique n’a mis en évidence de troubles associés à cette écoute, même prolongée.

  • Michel HOEN Docteur ès Neurosciences de l’Université Claude Bernard Lyon 1, Chargé de recherches au CNRS, Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon (unité mixte CNRS - Inserm - Lyon 1, Groupe Parole, Audiologie, Communication & Santé

Les difficultés de compréhension de la parole dans le bruit constituent tout à la fois le premier symptôme perçu par les personnes souffrant de troubles de l’audition, raison première bien souvent de la consultation d’un spécialiste et du recours à la prothèse auditive, mais aussi la première cause d’insatisfaction vis-à-vis de l’appareillage auditif.

Après avoir défini le bruit sur ces dimensions physiques et psychologiques, nous verrons, exemples sonores à l’appui, les différents types d’interférences qui sont causées par différents bruits en situation de communication. Nous ferons un point sur les dernières avancées des neurosciences en termes de réseaux corticaux et de processus cognitifs impliqués dans la compréhension de la parole dans le bruit avant d’évoquer les différentes solutions techniques permettant à la fois de mieux évaluer les difficultés de compréhension de la parole dans le bruit et de réussir un appareillage satisfaisant en termes de bénéfice d’intelligibilité et de confort d’écoute en situations bruitées.

  • Véronique CLAUDEL et Xavier AUDEBERT, audioprothésistes et Compagnons de l’audition

Dans la troisième partie de l'atelier du son nous avons souhaité faire partager le quotidien de l'audioprothésiste aux participants. Dans un premier temps nous avons évoqué le choix de l'appareil auditif (caractéristiques et indications pour chaque catégories) illustré par des cas d'appareillage.

Les différentes étapes de l'adaptation d'une aide auditive ont été ensuite détaillées : mesure et audiométrie in vivo, réglages des gains et des compressions, utilisation des logiciels du traitement du son etc...L'accent a ensuite été mis sur l'importance de la réhabilitation audioprothétique. Devant les difficultés du patient à se décider, de son besoin d'information objective, de nombreuses séances d'adaptation et de suivi nécessaire à son appareillage, il apparaît aujourd'hui évident de défendre les valeurs fondamentales de la profession d'audioprothésiste, à savoir: les valeurs humaines d'écoute, de patience, d'empathie et d'intégrité, autant de notions qui ont servit de base à la charte des Compagnons de l 'Audition.
Pour terminer de manière ludique, les participants à la réunion ont pu essayer des aides auditives,   contour open Starkey,  et en apprécier le confort  et la qualité d'écoute apportés par la correction. Les échanges sur ces différents thèmes ont été nombreux lors de la présentation et se sont poursuivis de façon conviviale à l'extérieur.

2.   Atelier du goût et l’olfaction

  • Gilles SICART, chercheur CNRS

I – Conférence sur l’olfaction : à chacun son nez !

« A cause de l'organisation du sens olfactif, nous avons tous des nez différents. Il n'existe pas d'odeurs dans la nature. Juste quelques dizaines de milliers de signaux chimiques que notre organe olfactif doit (peut ?) différencier. A partir du signal chimique, notre organe olfactif et notre cerveau collaborent pour fabriquer l'odeur, une perception olfactive. Loin d'une éducation ou d'un entraînement supervisés, notre nez a appris tout seul à se débrouiller. Et, il n'est pas toujours aussi mauvais qu'on le prétend... et on peut l'éduquer »

De plus, les 2 Présidents ont entretenu les médecins et audioprothésistes avec chacun une conférence :

  • Professeur Lionel COLLET : Président de la Conférence des Présidents d’Université et de l’université Claude Bernard Lyon 1

Devenir des professions de santé

Le paysage universitaire français a évolué considérablement depuis 2006 avec deux Lois : La Loi Programme pour la Recherche du 18 avril 2006 est la Loi relative aux libertés et responsabilités des universités du 10 août 2007.

La Loi Programme pour la Recherche crée les Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) qui ont pour objet de favoriser la coopération entre organismes de recherche et établissements d’enseignement supérieur et de recherche incluant les centres hospitaliers universitaires ainsi que les centres de lutte contre le cancer. Les PRES constituent des regroupements d’activités et de moyens autour de projets communs et préfigurent une nouvelle organisation territoriale de l’enseignement supérieur. Ils ont essentiellement des missions relatives aux écoles doctorales, à la valorisation et aux actions internationales. Cette même Loi créé aussi les Fondations de coopération scientifique, l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES).

La Loi relative aux libertés et responsabilités des universités confère une relative autonomie aux universités en déconcentrant la gestion du budget et des ressources humaines au niveau des établissements universitaires sur le modèle de la décentralisation. L’Etat délègue aux universités la masse salariale correspondant aux emplois publics et permet aux universités de gérer cette masse salariale dans le respect du budget et d’un plafond d’emplois. Les universités ont ainsi acquis une souplesse de gestion diminuant les délais des recrutements ou des modifications d’emplois. Cette Loi créé également les Fondations universitaires et partenariales  et permet aux universités qui le demandent de devenir propriétaires de leur patrimoine.

C’est dans ce paysage universitaire profondément réorganisé que s’inscrit le devenir des formations en santé avec d’une part l’arrêté du 28 octobre 2009 relatif à la première année commune aux études de santé et d’autre part l’universitarisation des professions paramédicales. La première année des études de santé est devenue commune aux études de médecine, odontologie, pharmacie et  sage-femme. Elle prévoit des réorientations à la fin de chaque semestre pour les moins bien classés.

L’universitarisation des professions paramédicales est une demande des professions paramédicales soucieuse que leurs formations  soient reconnues à un niveau universitaire et permettent une poursuite d’études. La procédure permettant l’obtention du grade de licence pour les titulaires d’un diplôme paramédical est appliquée aux infirmiers et le sera prochainement pour les ergothérapeutes. Un travail de réingénierie des autres formations est en cours ou programmé.

Enfin, une mission a été confiée par les ministres de la santé et de l’enseignement supérieur sur « la formation et l’emploi de professionnels de niveaux  intermédiaires » en santé. Le débat sur l’opportunité de la création d’une profession d’audiologiste pourrait ainsi être de nouveau posé.

§       Docteur Michel EL BEZ : a présenté son club : le club Alter AGO

L’ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit. Cette pensée d’Aristote devrait être une des maximes qui sert de guide au club Alter AGO. C’est en effet en mesurant la méconnaissance de différents acteurs qui composent le monde ORL, de leurs métiers réciproques que les membres fondateurs d’Alter Ago ont eu l’idée d’un espace d’échange et de communication libres.

Il existe une multiplicité d’intervenants dans le monde ORL, praticiens hospitaliers, ou en exercice privé, phoniatre, audioprothésistes, orthophonistes ou industriels, et tout ce monde se parle peu, voire ne se connaît pas, alors que, paradoxalement ce sont tous des spécialistes de la communication. D’où l’idée du club Alter Ago, un espace de liberté de parole, dans lequel tout professionnel peut expliquer son intervention dans la prise en charge du patient. On parle souvent d’équipe pluridisciplinaire, il nous a semblé essentiel que cette équipe, communique, se connaisse et se comprenne. Ces débats devraient à notre sens, avoir une vertu première, tordre le cou aux idées préconçues.

Chaque membre du club Alter Ago participe en tant qu’individu. Le principe du club est de bannir la langue  de bois et de laisser une totale liberté de parole. La finalité est d’échanger et de comparer l’expérience de chaque individualité. Totalement atypique, le club a volontairement choisi de ne pas avoir au sein de son comité scientifique que des universitaires.  C’est pour toutes ces raisons que l’adhésion au club Alter Ago nécessite une vraie volonté de participer.

La dernière réunion du club a eu lieu le 12 juin 2010, chez l’un des présidents d’honneur du club, André CHAYS, à Reims. Cette manifestation intitulée « ….pour les nuls » a eu pour mission de susciter les débats et lever nombre d’ambigüités ou idées reçues sur différents aspects de nos professions. Ainsi, la table ronde sur l’appareillage auditif, « la prothèse pour les nuls » a abordé tous les points de fond, adaptation, concept, fabrication et commercialisation, dont bien entendu le prix, sans aucun tabou.

Cependant le but du club est également de promouvoir et de participer à des études que seul ce type de structure peut promouvoir. Il existe en effet une véritable complémentarité des universitaires et des libéraux dans la relance d’études épidémiologiques. Les premiers ayant la capacité de traiter les données, les seconds l’avantage du nombre.

La volonté existe, et bien que la mise en place de ce genre de collaboration reste complexe, car pour être représentative, ce genre d’études nécessite une organisation sans faille , nous devrions être en mesure dans les tous prochains mois de relever les premiers résultats de cette première expérience

Voilà une des idées qui circule au sein du club ; il y en a beaucoup d’autres…

o       Docteur Bertrand GARDINI, membre du club Alter AGO, a clôturé les interventions par le descriptif des missions de son association : Entendre le monde

Entendre le Monde est une mission qui a débutée il y a 5 ans maintenant. Elle intervient à Phnom Pehn au Cambodge deux à 3 fois par an, et maintenant à Madagascar.

Chaque mission se compose de deux ou trois chirurgiens et d’un anesthésiste. Ses objectifs sont :

1° Opérer les pathologies les plus graves : le cholestéatome étant dans ces pays une pathologie mortelle, elle reste  notre intervention la plus fréquente.

2° Former des équipes sur place. Les techniques chirurgicales sous microscope, nécessitent une formation longue, et très spécialisée. C’est notre  principal objectif.

Dépister les troubles auditifs, et les pathologies otologiques.

4° Equiper en matériel de dépistage, de consultation et chirurgical

Nos premiers résultats sont rétrospectifs de 2004 à 2007 : 1500 patients ont été vus en consultation. L’age moyen était de 16 ans.  Les indications retenues étaient la présence d’un cholestéatome , une perforation bilatérale avec des seuils auditifs supérieurs à 40 db minimum des 2 cotés. 134 gestes chirurgicaux ont été réalisés.

89 pour cholestéatome, dont 69 en technique ouverte et 20 en technique fermée, 45 pour tympanoplastie avec greffe de cartilage périchondre. Seulement 20% des patients opérés ont été revus en consultation, dont 80% avaient de bons résultats anatomiques, et 66% (6/9) des patients, dont l’objectif  était auditif, avaient de bons résultats auditifs.

Cette expérience récente nous a permis de nous renforcer dans nos techniques chirurgicales, l’utilisation de technique ouverte en cas de cholestéatome et l’utilisation systématique de cartilage dans les tympanoplasties nous  semble incontournable en raison de la gravité des lésions, du contexte local (pas de monitoring du nerf facial, pas de TDM préopératoire) et du peu de patients revus.
Cette expérience mérite donc d’être continuée, mais afin de pérenniser cette mission et pouvoir en débuter d’autres, il est indispensable  de développer des collaborations :

  • avec des structures universitaires et hospitalières publics ou  privées,
  • avec d’autres acteurs de la surdité et notamment les audioprothésistes, qui seront probablement associés à nos missions pour acheminer du matériel, mais aussi équiper des patients sur place, et former des audioprothésistes locaux.

Malgré tout, ces missions ont un coût (5000 € par mission), une recherche de fonds permanente est indispensable au fonctionnement d’Entendre le Monde par l’organisation d’évènements (ventes aux enchères, édition de livres photos), le développement de partenariat d’entreprise et de clubs notamment le club Alter Ago.

Une communication est également indispensable par l’intermédiaire du site internet (www.entendrelemonde.fr ) et de parrains, mais aussi sur la  publication de nos résultats.
Les premiers objectifs sont donc atteints, il faut donc pérenniser nos missions existantes  et probablement en développer d’autres, en collaboration avec tous les acteurs de la surdité.

Dr Bertrand Gardini

Dr Alain Corré

En conclusion, Michel WIPLIER a rappelé que seulement 1/5 de la population malentendante est appareillée.

Afin d’améliorer cette situation, les Compagnons de l’audition ont fait leur choix : coopérer avec tous les acteurs et d’abord et avant tout avec le corps médical ORL .

A l’issue des ces premières journées, la satisfaction se lisait sur tous les visages : médecins et audioprothésistes avaient travaillé ensemble et apprécié leurs complémentarités.

Les Compagnons de l’audition poursuivront dans cette voie et concrètement seront présents au 3ème colloque du club Alter AGO en mai 2011 à Florence, où ils participeront activement aux travaux et débats sur l’audioprothèse.

Par ailleurs, ils solliciteront à nouveau les médecins ORL pour participer avec eux à leurs secondes journées techniques le weekend du 11 novembre 2011.

Enfin, en 2011, ils continueront à rapprocher les 2 professions avec leur magazine le secret d’Epidaure, leur liant avec le corps médical.

 

 

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